IMG_0366En amour comme dans la vie, j’essaie de connaître mes limites. Je ne parle pas de celles que je m’amuse à franchir pour me challenger, mais plutôt de celles qui sont source de regrets. L’idée de ce billet d’humeur est parti d’un rendez-vous souhaité, puis reporté et manqué. En fait, je devrais dire annulé. Confession !

J’ai rencontré il y a quelque temps un homme que j’adore. Je me suis rarement sentie aussi proche et inspirée par quelqu’un. Seulement, au milieu de nos vies un peu folles, les jours s’enchaînent et nos rendez-vous sont peu nombreux voire inexistants.

J’ai l’impression d’être un peu seule dans cette histoire toute nouvelle. J’ai d’abord commencé par lui trouver des excuses et puis je m’emballe toujours un peu, c’est ma nature. Et surtout, une relation naissante avec quelqu’un de bien est quelque chose de précieux. Je ne voulais pas que ça s’arrête. Seulement, nous avons tous les deux vécu des choses assez difficiles ces derniers temps, et là où moi j’ai besoin de me retrouver dans ses bras, lui reste concentré sur d’autres priorités. Je crois que je peux le comprendre. Je ne veux pas forcer sa nature, seulement je ne veux pas forcer la mienne non plus.

J’adore lui parler, le lire, penser à lui. Bref, j’aime beaucoup ce qui se passe entre nous. Pourtant, à un moment, je ne me suis plus sentie en phase avec moi même. Je devais mettre une limite pour ne pas m’oublier. Cela peut paraître anodin, car je n’ai fait qu’annuler un rendez-vous. Et pourtant…

Tout a commencé par des échanges que j’avais l’impression de toujours devoir initier. Vous savez, ce sentiment qui commence à naître quand vous êtes celle qui donne toujours des nouvelles la première. Toutefois, je n’avais pas envie de le lui reprocher car il répond toujours et se montre assez présent (à distance bien sûr). Puis, est venu ce rendez-vous que nous avons plusieurs fois reporté. Il devait avoir lieu hier soir. Ni l’heure, ni le lieu n’étaient fixés. Pour moi, c’était une évidence, le jour était finalement fixé, le moment serait donc le plus tôt possible.  J’avais tort. Nos évidences n’étaient visiblement pas les mêmes.

Quand je l’ai appelé à 19h30 prête à me jeter dans ses bras, j’ai eu un homme un peu embêté au bout du fil. Il me proposait de poser le rendez-vous à 22h30 car il avait une priorité professionnelle (prévue depuis le jour précédent). J’ai accepté puis quand j’ai raccroché, j’ai senti ma gorge se nouer et un étrange sentiment de vide m’envahir. Je dépassais ma limite, celle au-delà de laquelle je n’étais plus hyper à l’aise dans mes bottines.

Je n’avais pas envie de ça. Pas envie, d’être celle que l’on case entre deux rendez-vous, enfin, si le temps le permet. J’ai senti un manque d’attention, de considération et j’ai préféré annuler.

Je me trompe peut-être et je ne sais pas si j’ai eu raison de ne pas profiter de la chance de passer une nuit avec lui. Ce que je sais, c’est que si j’avais été à ce rendez-vous, j’aurais dû me faire violence et je n’en avais pas envie. Je ne ferme pas la porte à la relation. J’ose espérer qu’elle peut encore prendre une jolie direction. Nous verrons bien….

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

6 COMMENTAIRES

  1. Pareil. J’en suis à un stade où je ne veux plus forcer le destin et tout accepter. J’ai beau me rapprocher de la quarantaine et avoir une envie de bébé envahissante, je pense qu’il ne faut pas oublier qui nous sommes et nos limites sous prétexte qu’on veut atteindre notre objectif final.
    C’est entrer dans une tunnel dans lequel on se perdrait.

  2. Ca me rappelle un film américain dont j’ai oublié le titre. Une loseuse en amour a un meilleur pote à qui elle confie régulièrement ses aventures sentimentales. Elle ne cesse de tomber sur des mecs qui se foutent ouvertement de sa tronche. Mais elle leur trouve toujours du charme et surtout beaucoup d’excuses. Elle pense toujours que, bientôt, le mec va être plus disponible, va se souvenir de son prénom, va la rappeler, ou alors est tellement amoureux qu’il n’ose pas, etc… Jusqu’au moment ou son pote, largement édifié, lui balance : « Ecoute, c’est simple. Quand un mec donne l’impression qu’il en a rien à foutre c’est… (et là on voit la fille pendue à ses lèvres, on sent qu’elle attend une bonne nouvelle) qu’il en a rien à foutre ! »

  3. Quand une relation est faite d’oasis et de traversée du désert … Il faut que les oasis soient fantastiques pour justifier de bouffer du sable entre deux oasis. Surtout si un seul des deux ressent ce sable tout seul …

    Ed

  4. Une des erreurs que l’on fait le plus souvent dans nos histoires sentimentales, c’est de spéculer sur les pensées et les sentiments de l’autre. C’est ce qui nous permet de faire des projections d’avenir qui correspondent à nos attentes. En fait, on prend l’autre comme support à nos désirs et on l’intègre à notre scénario idéal…

    Outre le fait que ce n’est pas très sympa d’inscrire l’autre dans nos attentes sans lui demander son avis, les espoirs que nous construisons nous-même de toutes pièces peuvent évidemment ne pas être comblés. Résultat : déception et souffrance. Mais l’autre n’a pas de responsabilité dans tout cela, nous sommes seul à l’avoir créé.

    C’est une des choses les plus difficiles que d’accepter qu’on ne contrôle pas tout. Ni les gens, ni les événements. Seulement peut-être ses propres pensées. C’est là sans doute la vraie liberté : assumer ses pensées et accueillir ce qui vient.

    Pour cela, il faut savoir écouter ses ressentis et suivre ce qui est important pour soi. Bravo donc pour avoir su t’écouter et te positionner dans ce qui fait ta valeur. C’est ainsi qu’on peut rester lucide et attentif, attentive, à la vague qui nous portera plus loin…

    • Tout à fait d’accord Philippe. En fait on projette nos désirs/fantasmes sur l’autre, en espérant qu’il en est de meme de son côté. Or ce n’est souvent pas le cas (et heureusement car c’est aussi la différence et surtout complémentarité qui nourrissent). Du coup, on est souvent decu a s’emballer et imaginer ce que pense/souhaite l’autre. Le mieux est de prendre son temps, beaucoup communiquer et voir si ça peut coller. Je comprends qu’on puisse s’enflammer au début tels des adolescents (y a pas d’âge pour cela). Mais l’amour à aussi sa et ses raisons. Il faut savoir être un peu raisonnable. Si on veut construire une relation, cela ne se fait pas sur un coup de tête (ou d’autre chose) et en un jour ou une semaine. Il faut aussi être clair avec soi meme et savoir ce que l’on recherche au juste.

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