Fragonard amoureux Galant et libertin
Fragonard amoureux
Galant et libertin ©musée du Luxembourg

Jusqu’au 24 janvier, les oeuvres du peintre Fragonard s’exposent au musée du Luxembourg à Paris. Peintre, amoureux, galant, libertin, il peint avec audace la sensualité et la rencontre des corps. A l’occasion de cette exposition, le musée du Luxembourg a organisé une table ronde autour du libertinage. J’y suis allée et me suis délectée des échanges des trois intervenants : Aurélie Charon, productrice à France Culture, Philippe Combessie, sociologue, et Gaëlle Bourges, danseuse et chorégraphe. Ce soir là, loin de redéfinir le libertinage, les discussions ont soulevé de nombreuses questions. J’ai retenu pour vous les paroles de Philippe Combessie que j’espère rapporter assez fidèlement. Sociologue spécialiste du milieu carcérale, il étudie par ailleurs la sexualité féminine. Durant cette conférence, il fait référence à trois milieux dans lesquels une femme peut trouver des partenaires pour vivre plusieurs relations dans le même temps. Découverte !

Internet, la rencontre miroir

Les sites de rencontres dit classiques seraient plus propices à la rencontre d’une personne qui nous ressemble, où qu’elle soit. C’est aussi le lieu de tous les possibles : relations solides, coups d’un soir, rencontres clandestines… Vous pouvez y devenir une autre, rester fidèle à vous même, choisir un ou plusieurs hommes. Bref, sur internet vous pouvez même vous dire en couple alors que vous êtes célibataire si vous n’avez pas envie d’être envahie 😉

Les lieux de sexualité collective

Les clubs échangistes appelés aussi clubs libertins permettent des rencontres et un échange sexuel immédiat. Seulement, l’attirance réciproque et instantanée en vue d’une relation sexuelle imminente n’est pas si simple à se mettre en place. Du coup, pour favoriser les échanges, certains codes vestimentaires sont de rigueurs. On flirte avec les stéréotype, la lingerie sexy ou le fétichisme.

Le club échangiste est un lieu où la mixité sociale est importante. Ici, la tenue gomme la catégorie d’appartenance et favorise la mixité voire l’ascension sociale. Si si, vous avez bien lu, l’ascension sociale. Par exemple, certains clubs sont connus pour être fréquentés par des hommes d’affaires, des communicants ou des futurs prétendants aux poches pleines.

Quand certaines fréquentent les écoles de médecines ou de droit pour se trouver un bon parti, d’autres vont en club. Qui a dit que la mixité sociale ne fonctionnait pas ?

Polyamoureux

Être polyamoureux c’est être amoureux de plusieurs personnes et décider de vivre ces amours à plusieurs. La sincérité est l’une condition essentielle à la réussite de ce modèle de relations. Dans ce milieu, il est d’usage de discuter avec son ou ses amoureux avant de jeter son dévolu sur une nouvelle personne.

S’astreindre à parler de ses rencontres, limite donc la marge des possibilités. On recherche l’adhésion de l’autre et la sélection se fait pour soi et en fonction de l’autre. Selon Philippe Combessie, dans ces couples qui se forment à plusieurs, l’homogénéité social est assez manifeste.

A travers ces trois possibilités de rencontre, la sexualité se veut libre et inventive. Héritage du libertinage des Lumières ou reflet du temps présent, qu’elle soit exclusive, joyeuse ou plurielle, expérimenter sa sexualité est devenue possible et ce, malgré les tabous qui résistent. Et vous, quelle est la sexualité qui vous ressemble ?

10 COMMENTAIRES

  1. Pour avoir expérimenté ces trois modèles de rencontre, je peux témoigner qu’ils ont tous leurs avantages et leurs plaisirs spécifiques. Leurs frissons et leurs risques aussi.

    Les connexions internet sont les plus accessibles, car se sont celles qui se rapprochent le plus du modèle habituel. On se rencontre à deux, comme un couple standard, sauf qu’on s’oblige à l’éphémère.

    Les expériences en club libertin sont plus impliquantes. Elles amènent à se positionner rapidement face à de multiples partenaires potentiel-e-s. Cet embarras du choix peut être déroutant au début, mais c’est un excellent moyen de se confronter à soi-même et de mieux se connaître. Les personnes qui tentent cela en couple doivent faire preuve d’une grande complicité pour en profiter sans perturbation. Débutants, allez-y en douceur et confiez-vous l’un l’autre vos ressentis.

    Si ces deux premiers modèles ne portent pas (obligatoirement) à conséquence sur ses propres fonctionnements sociaux, le polyamour est un système particulièrement délicat à mettre en oeuvre et à maintenir sur la durée. Les relations sociales avec son entourage peuvent se teinter de désapprobations et de jugements. Il faut avoir les idées claires et le coeur bien accroché. Ce qui en fait peut-être le modèle le plus intéressant…

    Tenter, explorer, ressentir… prendre ce qui est bon pour soi et laisser le reste…

  2. Pour avoir expérimenté ces trois modèles de rencontre, je peux témoigner qu’ils ont tous leurs avantages et leurs plaisirs spécifiques. Leurs frissons et leurs risques aussi.

    Les connexions internet sont les plus accessibles, car se sont celles qui se rapprochent le plus du modèle habituel. On se rencontre à deux, comme un couple standard, sauf qu’on s’oblige à l’éphémère.

    Les expériences en club libertin sont plus impliquantes. Elles amènent à se positionner rapidement face à de multiples partenaires potentiel-e-s. Cet embarras du choix peut être déroutant au début, mais c’est un excellent moyen de se confronter à soi-même te de mieux se connaître. Les personnes qui tentent cela en couple doivent faire preuve d’une grande complicité pour en profiter sans perturbation. Débutants, allez-y en douceur et confiez-vous l’un l’autre vos ressentis.

    Si ces deux premiers modèles ne portent pas (obligatoirement) à conséquence sur ses propres fonctionnements de vie, le polyamour est un système particulièrement délicat à mettre en œuvre et à maintenir sur la durée. Les relations sociales avec son entourage peuvent se teinter de désapprobations et de jugements. Il faut avoir les idées claires et le cœur bien accroché. Ce qui en fait peut-être le modèle le plus intéressant…

    Tenter, explorer, ressentir… prendre ce qui est bon pour soi et laisser le reste…

  3. Pour avoir expérimenté ces trois modèles de rencontre, je peux témoigner qu’ils ont tous leurs avantages et leurs plaisirs spécifiques. Leurs frissons et leurs risques aussi.

    Les connexions internet sont les plus accessibles, car se sont celles qui se rapprochent le plus du modèle habituel. On se rencontre à deux, comme un couple standard, sauf qu’on s’oblige à l’éphémère.

    Les expériences en club libertin sont plus impliquantes. Elles amènent à se positionner rapidement face à de multiples partenaires potentiel-e-s. Cet embarras du choix peut être déroutant au début, mais c’est un excellent moyen de se confronter à soi-même te de mieux se connaître. Les personnes qui tentent cela en couple doivent faire preuve d’une grande complicité pour en profiter sans perturbation. Débutants, allez-y en douceur et confiez-vous l’un l’autre vos ressentis.

    Si ces deux premiers modèles ne portent pas (obligatoirement) à conséquence sur ses propres fonctionnements de vie, le polyamour est un système particulièrement délicat à mettre en œuvre et à maintenir sur la durée. Les relations sociales avec son entourage peuvent se teinter de désapprobations et de jugements. Il faut avoir les idées claires et le cœur bien accroché. Ce qui en fait peut-être le modèle le plus intéressant…

    Tenter, explorer, ressentir… prendre ce qui est bon pour soi et laisser le reste…

    • Merci pour ce témoignage, c’est un sujet tabou mais tout le monde devrait avoir le droit de vivre sa sexualité librement, dans le respect de tous. Comme vous l’expliquer, je pense qu’il y a aussi des certains degrés d’implication pour chaque modèle et le mieux est d’y aller progressivement 🙂

  4. Le thème est très stimulant. Merci !
    Il est possible d’écouter l’ensemble des échanges de cette table ronde ici:
    https://soundcloud.com/rmngrandpalais/le-libertinage-aujourdhui-25-novembre-2015?in=rmngrandpalais/sets/fragonard-amoureux-galant-et

    Il est possible de lire (ou télécharger) un article de Philippe Combessie concernant le libertinage ici:
    https://teth.revues.org/422

    Il est possible de voir les productions de Gaëlle Bourges ici:
    http://www.gaellebourges.com/

  5. Ces réflexions permettent d’aborder des pratiques de sexualité qui peuvent être jugées comme déviantes. Je peux témoigner sur les deux dernières composantes que je pratique depuis un certain nombre d’années. En club j’apprécie la diversité des types de rencontres. Je confirme le témoignage qui exprime le développement de la connaissance personnelle et l’acquisition de la confiance en soi. La femme y trouve une place particulière qui lui confère un certain pouvoir, en particulier dans les soirées mixtes où les hommes sont plus nombreux et où la femme va choisir son (ses) partenaires.

    Quant au polyamour pour moi ce n’est pas de vivre ses amours à plusieurs mais plutôt d’avoir des amours qui se déroulent en parallèle. Ce fonctionnement nécessite beaucoup de communication dans le couple et la mise en place d’un certain équilibre que Philippe Combessie explique dans son article « Amours plurielles et communication. Dettes, contre-dettes et jalousie constructive »,
    Il questionne également ce qui peut être dit ou non dit aux différents protagonistes. Philippe Combessie développe cet aspect dans son écrit « Quand une femme aime plusieurs hommes : le taire ou le dire ? ».
    Ces différentes expériences permettent de vivre la sexualité en dehors des normes communément admises. Ce type de relation n’est pas forcément simple à mettre en place et exige beaucoup de confiance et de communication au sein du couple mais en retour il apporte une grande complicité. La jalousie au sein du couple peut s’y envisager de façon constructive. Elle évite la routine et met en évidence que rien n’est jamais acquis. L’écoute des besoins de l’autre est réaffirmée. Le libertinage considéré comme dangereux pour certains est peut être un nouveau mode de relation à créer dans une société en pleine mutation. Les escapades avec l’amant sont vécues comme des bulles où le temps est arrêté, les contraintes familiales et professionnelles sont mises de côté le temps de la rencontre.

    • Merci, Marie-Odile, pour votre témoignage. Vos témoignages. J’y retrouve aussi une part de mes expériences depuis quelques années.
      Il n’est pas toujours facile d’en parler. C’est tellement décalé par rapport aux normes environnantes. Rien qu’à voir les modèles de relations véhiculés dans les séries télévisées.
      Est-ce que vous savez s’il est possible d’avoir accès à ces textes dont vous parlez? Cela m’avait fait réfléchir de pouvoir lire le texte sur l’argent en milieu libertin. En particulier ce qui est expliqué des formes d’émancipation, qui peut sembler paradoxale dans ces univers.

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