Dominatrice Cinfy

Dominatrice CinfyMaîtresse Cindy a fait, des corps et des esprits, la matière première de sa pratique professionnelle. A chacune de ses séances, elle entraîne les dominés dans un univers où, émotions et vertige du jeu, s’entremêlent. Elle navigue entre le sadomasochisme, l’humiliation et la mise en scène pour faire de chaque rencontre une expérience unique. Quand je pousse la porte de son donjon ce soir là, c’est en compagnie de Centinex qu’elle me reçoit. Il s’occupe du web et du multimédia pour les soirées de son association sm.art. L’homme est jeune et a une longue chevelure. Elle, coiffure impeccable, blonde, regard clair, est vêtue de noir. Elle m’invite à prendre place dans le salon. Je m’assois sur un canapé face à un bar derrière lequel sont suspendus des fouets et des chaînes. Au moment ou Maîtresse Cindy me propose un thé ou une grenadine, mon regard est happé par un cercueil ouvert dans le fond de la pièce. Portrait de Maîtresse Cindy, dominatrice !

Ses débuts comme dominatrice

D’abord courtière en art, ses interrogations sur certains courants artistiques, comme les peintures expressionnistes, l’entraînent vers des chemins plus discrets et moins empruntés. C’est, il y a 20 ans, à l’étranger que sa curiosité la pousse à vivre ses premières expériences BDSM (Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadomasochisme). Elle rencontre des érudits et très vite, adhère à ce milieu. Elle aime ces premiers échanges et la sexualité qui y est plus cérébrale.

Elle a immédiatement su que le rôle de dominatrice était celui dans lequel elle pouvait s’épanouir. Elle n’aime pas être attachée. Elle me confie que même la ceinture de sécurité, qu’elle s’oblige à mettre, l’indispose.

Le BDSM devient très vite une passion, puis un métier. Après avoir pratiqué pour son plaisir, elle souhaite aller plus loin et donner à sa pratique une nouvelle dimension. Elle a envie de prendre du recul par rapport aux codes traditionnellement associés au donjon. Dans le sien, il n’y a pas de rouge et de noir, mais des ambiances multiples, conceptuelles. Il ne ressemble à aucun autre et, est en perpétuel mutation. Ses propositions de jeux sont variées, elle offre à ses soumis une expérience sensorielle unique. Comme au théâtre, elle met en scène les sons, les images, les décors et les odeurs.

Elle a à son service de nombreux accessoires dont certains sont réalisés exclusivement pour elle. Le sexe missile est l’un d’eux. C’est un avion d’environ 2 mètres de long sur lequel le dominé s’allonge pour se laisser pénétrer par la machine dotée d’un godemichet.

Une séance avec Maîtresse Cindy

C’est tout un protocole que doivent suivre ceux qui souhaitent la rencontrer. Seuls les plus motivés arrivent à leurs fins. Au premier rendez-vous, Maîtresse Cindy reçoit dans un espace dans lequel un décor est créé. Le premier échange est l’occasion de sonder les fantasmes, de découvrir les envies et attentes du futur dominé. Un safe word est aussi défini pour permettre au dominé d’arrêter la séance à tout moment.

Elle éduque, humilie, caresse, fouette, et immerge, celui qui devient son partenaire, dans un univers inédit dans lequel la seule limite est celle de l’imagination.

A ce premier rendez-vous, certaines demandes peuvent lui être faites. Il se peut aussi qu’on lui laisse carte blanche. La dominatrice joue avec sa créativité, met en abîme l’inconscient et les fantasmes, pour imaginer de nouveaux scénarios et le traitement que recevra le soumis. Elle éduque, humilie, caresse, fouette, et immerge, celui qui devient son partenaire, dans un univers inédit dans lequel la seule limite est celle de l’imagination.

Maîtresse Cindy n’a ni tabou, ni interdit. En dehors bien sûr de celui de donner la mort. Seuls les êtres consentants passent entre ses mains expertes. Elle maîtrise les techniques du BDSM et s’y d’aventure. Si un soumis lui propose une expérience inédite, il se peut qu’elle y adhère.

Le collectif sm.art et les soirées à thème

Le collectif sm.art créé à l’initiative de Maîtresse Cindy a pour ambition de conjuguer BDSM et rencontres artistiques. Les soirées données dans son donjon bénéficient d’une scénographie unique. Pour sa dernière soirée, « Esprit de Sade », c’est 60 personnes qui sont venues en tenues d’époque ou contemporaine découvrir l’univers créé pour l’occasion. Des activités étaient proposées autour du thème de la vie de Sade : lecture de poésie, chant, concours de fessées en rythme, Colin-maillard, etc.

Ces soirées sont ouvertes à tous, à condition de respecter le protocole imposé au moment de l’inscription. Adeptes du BDSM et non pratiquants s’y côtoient dans une ambiance conviviale.

La prochaine soirée organisée dans le donjon de Maîtresse Cindy est Le bal immoral. Prévue le 14 février 2015, la soirée se passe en marge du Carnaval de Venise en compagnie de Casanova, le courtisan. Au programme : jeux de rôle, concours du plus joli concours, festivité lascive et buffet italien.

La visite du donjon

Le soir de ma visite dans le donjon de Maîtresse Cindy, le décor présent est celui de la dernière soirée « Esprit de Sade » donnée par le collectif sm.art. 5 étapes de la vie du marquis sont représentées à travers 5 espaces : le salon dans lequel nous avons discuté, le boudoir, la chapelle, l’hôpital psychiatrique Charcot et le cachot du Marquis de Sade dans la prison de la Bastille. Je visite les lieux en compagnie de Cindy et Centinex. Dans le boudoir, se trouve un lit d’écartèlement du 18ème siècle. Il servait autrefois à soigner les grands brulés. Il est aujourd’hui utilisé par Maîtresse Cindy au cours de ses séances.

Centinex me décrit l’ambiance sonore qui régnait alors. Musiques choisies, lectures de poésie, chaque pièce possédait son propre univers sonore. Une fois dans la Chapelle, je découvre une croix de Saint-André suspendue au dessus d’un autel. Centinex, prend un air grave, me tend un panier et me propose une hostie. Je découvre que celles distribuées ici, sont en fait des préservatifs.

Nous pénétrons ensuite dans une salle d’examen qui représente l’hôpital psychiatrique Charcot. Le marquis de Sade y a séjourné. Maîtresse Cindy me raconte, qu’il y donnait des pièces de théâtre qui avaient pour sujet les pratiques SM (sadomasochisme du nom du marquis) qui avaient germé dans son esprit. Les pensionnaires de l’hôpital y faisaient office d’acteurs. Il paraît que même si Sade était un piètre metteur en scène, le tout Paris se pressait pour assister à ses représentations.

Là encore, un outil a été conçu pour les jeux BDSM : une machine à fouetter.

Le décor de l’hôpital a comme toute salle d’examen, quelque chose de froid et de stérile. Là encore, un outil a été conçu pour les jeux BDSM : une machine à fouetter. Maîtresse Cindy la met en route et je regarde des cordelettes de cuir battre l’air. Il suffit d’approcher sa main pour imaginer l’effet que cela peut produire sur un corps (je vous laisse deviner).

Une porte de prison en fer forgé sépare l’hôpital du cachot de la Bastille. Le sol est recouvert de paille. Un lit, un bureau et une chaise sont les seuls meubles ici présents. L’ambiance est sombre, voire pénétrante. Cette dernière pièce, est celle dans laquelle le marquis de Sade a fini ses jours.

Fin de la visite. Maîtresse Cindy et Centinex me raccompagnent à la porte.

Appel à projets

Maîtresse Cindy propose aux artistes, un espace dédié dans lequel ils peuvent s’exprimer sans contrainte. Le donjon accueille des performances artistiques (photos, danse, etc.), des soirées littéraires ou à thème, ou encore des événements qui relèvent des contre-cultures ou des sexualités alternatives (BDSM, fétichisme, queer, etc).

Pour proposer un projet, il faut se rendre sur le site sm.art

SM ART logoPlus d’infos sur Maîtresse Cindy et le collectif SM.ART

LAISSER UN COMMENTAIRE